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Parcours chefs-d'œuvre

PIETRO VANUCCI (DIT LE PÉRUGIN)

(Città della Pieve, vers 1448 – Fontignano, 1523)

L’adoration des mages
Le Baptême du Christ
La Résurrection du Christ

 

(1496-1499) Huiles sur bois l Envoi de l’État, 1803 - Inv. 803.34, 803.35, 803.36

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Entre 1496 et 1499, Le Pérugin peint « le polyptique de Saint Pierre », un vaste ensemble de quinze panneaux peints sur bois voué à décorer la basilique Saint Pierre de Pérouse. Autrefois intégrés à la partie inférieure de l’œuvre, ces trois petits tableaux représentent chacun un épisode de la vie du Christ. Le premier met en scène les trois rois mages venus d’Orient pour rendre hommage à l’enfant et lui remettre leurs présents: l’or, la myrrhe (résine d’un arbre aromatique), et l’encens. Dans la deuxième image, le Christ est baptisé dans les eaux du Jourdain par son cousin et prophète Jean-Baptiste, recon- naissable à son bâton croisé et sa peau de bête. Le dernier tableau représente le Christ sortant de son tombeau, alors que les soldats chargés de veiller sur la sépulture se sont endormis.

FRANÇOIS CLOUET

(Tours, vers 1510 – Paris, 1572)

Le bain de Diane


(vers 1565) Huiles sur bois l Ancienne collection du Cardinal Fesch - Inv. 846.1

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Le peintre de cour François Clouet illustre ici un mythe de l’Antiquité gréco-romaine, celui de la rencontre de Diane et Actéon. Le chasseur Actéon, cavalier au vêtement noir et blanc accompagné de ses chiens, pénètre dans la forêt, domaine de la déesse Diane. Cette dernière, au milieu de ses compagnes les nymphes, est identifiable au petit croissant de lune qui orne son front. Ces femmes sont occu- pées à leur toilette. Près d’elles la présence de deux satyres, des êtres mi-hommes mi- boucs, paraît incongrue. Actéon apercevant les jeunes femmes s’arrête pour les observer, ce qui n’est pas du goût de la déesse. Pour le punir, elle le transforme en cerf, comme le montre la partie droite du tableau, où le chasseur se fait dévorer par ses propres chiens.

LAVINIA FONTANA

(Bologne, 1552 – Rome, 1614)

Vénus et l’amour


(1592) Huiles sur bois l Dépôt de l’État, 1874 - Inv. D. 874.15

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Lavinia Fontana est l’une des plus importantes portraitistes de Bologne à la fin du 16e siècle. Elle est surtout l’une des premières femmes de son temps à faire de la peinture un métier à part entière au même titre que ses collègues masculins. Sa notoriété la conduit à exécuter d’importantes commandes publiques, qui lui permettent d’aborder des sujets religieux et mythologiques dans lesquels figurent parfois des nus féminins.
Ce portrait mythologique met en scène la déesse Vénus tenant une des flèches de son fils Éros (aussi appelé Cupidon), tandis que l’enfant derrière elle brandit son arc emblématique. La déesse est vêtue d’un voile transpa- rent qui dévoile son corps, et porte des bijoux qui pourraient être ceux d’une femme noble du 16e siècle.

HENDRIK VAN MINDERHOUT

(Rotterdam, 1632 – Anvers, 1696)

Paysage avec l’enlèvement d’Europe

 

(vers 1690) Huiles sur bois l Collection Jean-Baptiste Descamps - Inv. 818.1.16

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Ce tableau de l’artiste néerlandais Hendrik van Minderhout met en scène, dans un vaste pay- sage marin, un épisode mythologique inspiré des Métamorphoses d’Ovide (poète romain du Ier siècle après J.-C.). Séduit par la beauté d’une jeune princesse phénicienne nommée Europe, Zeus revêt l’apparence d’un taureau blanc afin de l’approcher sans l’effrayer. Imprudente, la jeune femme monte sur le dos de l’animal qui l’enlève. Ses servantes poursuivent en vain le taureau qui s’éloigne du rivage. Plus à droite, un jeune berger joue de la flûte en veillant sur son troupeau. Derrière lui, quelques objets disposés en vrac sur une pierre révèlent sa véritable identité: un casque ailé, ainsi qu’un bâton entouré de deux serpents entrelacés (aussi appelé caducée) laissent reconnaitre Hermès, le fils de Zeus.

LE CARAVAGE (MICHELANGELO MERISI)

(Milan, 1571 – Porto Ercole, 1610)

La Flagellation du Christ à la colonne


(vers 1607) Huile sur bois l Inv. 955.8.1

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La flagellation est un épisode de la Passion du Christ rapporté dans les Évangiles. Attaché à une colonne, Jésus est fouetté par ses bourreaux avant d’être crucifié. Ce thème récurrent dans la peinture occidentale est traité par le peintre italien Le Caravage, très probablement à l’occasion d’un séjour à Naples en 1607. L’artiste accentue le pathétique de la scène en privilégiant un cadrage très rapproché qui souligne les expressions des visages et la ges- tuelle des personnages. L’image, saisissante de réalisme, repose sur d’habiles jeux de contrastes, entre ombre et lumière, qui soulignent les formes et le modelé des corps tout en renforçant l’intensité dramatique de la scène.

PIERRE PUGET

(Marseille, 1620 – Marseille, 1694)

Hercule terrassant l’Hydre de Lerne

 

(1659-1660) Pierre l Commande de Claude de Girardin pour le château du Vaudreuil (Eure), vers 1656 - Don de Gaston Le Breton, abbé de la Balle, chanoine Porée, 1884 - Inv. 884.12.1 - Restaurée grâce à la Caisse d’Épargne de Haute Normandie

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Le sculpteur représente le héros antique Hercule, reconnaissable à la peau de lion qui le couvre, aux prises avec l’Hydre de Lerne, animal fantastique à plusieurs têtes. Cette épreuve est le deuxième des douze travaux qu’Hercule dut exécuter pour le compte du prince Eurysthée. L’artiste choisit de nous montrer ce puissant héros, les muscles tendus, au moment où son bras (qui a disparu) s’apprête à porter le coup fatal. Cette œuvre remarquable avait disparu depuis près de cent ans lorsqu’en 1883, elle a été retrouvée en morceaux, à semi-enterrée, dans un champ proche du château de la Londe (Seine-Maritime) détruit en 1793.

DIEGO VELASQUEZ

(Séville, 1599 – Madrid, 1660)

Démocrite

 

(vers 1627-1628, repris vers 1639-1640) Huile sur toile l Inv. 822.1.16

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Diego Velasquez, peintre officiel du roi d’Espagne Philippe IV (1605-1665), réalise le por- trait imaginaire d’un philosophe grec antique : Démocrite (5e et 4e siècle avant notre ère). Ce dernier est représenté à mi-corps, de profil, la tête de trois-quarts et interpellant le spectateur. Le personnage est habillé à la mode du 17e siècle avec un vêtement noir sur lequel se détache un col blanc en dentelle. Il désigne de sa main gauche des objets symbolisant le savoir et la connaissance : le globe terrestre et les livres. Ces éléments et son sourire nous permettent de l’identifier comme Démocrite, philosophe antique dont le savoir était immense. Les modernes retiendront surtout son caractère rieur, sa tendance à se moquer de tout, et donc son détachement des choses matérielles.

NICOLAS POUSSIN

(Les Andelys, 1594 – Rome, 1665)

Vénus montrant ses armes à Énée

 

(1638) Huile sur toile l Inv. 866.1.

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Installé à Rome depuis plus de quinze ans, le peintre français Nicolas Poussin exécute ce tableau imprégné de références mythologiques et de culture antique. Le sujet est emprunté à l’Enéide de Virgile, un long poème antique faisant le récit des aventures du troyen Énée, ancêtre mythique du peuple romain. Fils d’Anchise et de la déesse Vénus, il fuit sa ville natale lorsque celle-ci est attaquée par les grecs (Guerre de Troie). Il arrive, après un long voyage, dans la région du Latium en Italie, où il projette de fonder son propre royaume. Mais les rois des cités environnantes y sont hostiles et attaquent les troyens retranchés dans leur camp. Vénus offre alors à Enée des armes confectionnées par son époux Vulcain, dieu des forgerons.

FRANÇOIS BOUCHER

(Paris, 1703 – Paris, 1770)

Le mariage d’Amour et Psyché

 

(1744) l Huile sur toile l Inv. D. 1999.1.1.

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Dans la mythologie grecque, Psyché est une princesse dont la grâce parfaite éveille la jalousie de la déesse de la beauté Aphrodite. Éros (dieu du désir et de l’amour), s’en éprend et l’accueille dans un magnifique palais, mais elle lui désobéit en cherchant à connaitre sa véri- table identité. Rejetée par son amant, Psyché se met au service d’Aphrodite qui la soumet à toutes sortes d’épreuves. Au retour d’un voyage aux enfers, la jeune femme tombe dans un sommeil profond, avant d’être ranimée par un baiser d’Éros. Leur mariage est célébré sur l’Olympe. Le couple est uni par Héra, reine des dieux et protectrice du mariage, tandis qu’Aphrodite, représentée à droite, tourne le dos à la cérémonie. François Boucher traite le sujet dans un style à la fois léger et sensuel, privilégiant les lignes serpentines et les coloris clairs.

PIERRE PUVIS DE CHAVANNE

(Lyon, 1826 – Paris, 1898)

Inter artes et naturam

 

(1890) Commandée avec le soutien de l’État en 1888 - Inv. 883.3.1 - Restauration financée par l’association des Amis des Musées de la Ville de Rouen en 1994

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Entre l’art et la nature est la réponse de Pierre Puvis de Chavanne à la commande d’une peinture pour orner l’escalier d‘honneur du Musée des Beaux-Arts nouvellement construit. Au premier plan sur une terrasse rythmée par la présence de pommiers et de ruines antiques, évoluent des personnages évoquant diverses activités culturelles humaines: la poterie, la gravure, le dessin ou encore la poésie. Ces personnages sont représentés nus selon les modèles antiques, vêtus de drapés ou dans des costumes modernes. Deux hommes dégagent une pierre devant un fragment de fresque avec le cheval ailé mythique Pégase qui symbolise ici l’inspiration poétique. À l’arrière-plan se déploie une vue panoramique de la ville de Rouen, reconnaissable aux tours de sa cathédrale, et à la Seine. Cette scène est empreinte de douceur, de calme et d’harmonie.

JEAN AUGUSTE DOMINIQUE INGRES

(Montauban, 1780 – Paris, 1867)

Portrait de Madame Aymon, dite « La belle Zélie »

 

(1806) l Huile sur toile l Inv. 870.1.1

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Le peintre réalise un portrait de femme en buste de trois quarts, dont le visage de face fixe le spectateur. Il utilise des couleurs franches (noir, rouge, brun) sur un fond de ciel bleu-blanc, ce qui dégage la silhouette. Ce portrait tout en rondeurs et en boucles peut être lu comme une recherche sur le thème de la spirale. En effet, au bel ovale du visage au-dessus d’un large décolleté, s’accordent les détails du collier de perles et son fermoir, des boucles de cheveux, du peigne en biais, des pupilles rondes, de la bouche pulpeuse, de la naissance d’un sein dans l’arrondi de la poitrine, et de la déformation du cou. Cette distorsion de l’anatomie a fait considérer Ingres comme l’un des pères de la peinture moderne. Cette femme, dont l’identité reste mystérieuse, est aussi surnommée « la Belle Zélie », en référence à une chanson à la mode dans les ateliers au début du 19e siècle.

THÉODORE GÉRICAULT

(Rouen, 1791 – Paris, 1824)

Carabinier en buste avec son cheval

 

(vers 1814) Huile sur toile l Inv. 901.3.1

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Théodore Géricault dresse le portrait en gros plan d’un carabinier anonyme de l’armée napo- léonienne. Ces soldats faisaient partie d’un régiment d’élite de la cavalerie française sous l’Empire, et portaient pour combattre un sabre, un pistolet et une carabine. Néanmoins les armes du militaire sont absentes du tableau.

Seul son vêtement nous permet de l’identifier : il porte en effet l’habit blanc, le collet bleu et la double cuirasse jaune en acier recouverte de cuivre caractéristique de ce corps d’armée. Mais notre soldat, au regard fixe, est descendu de son cheval, qui n’est qu’une ombre noire derrière lui, et tous deux semblent ne faire qu’un. Plus que le portrait d’un homme, c’est celui d’une fonction que nous peint l’artiste, celle du vétéran napoléonien, fonction qui a perdu son sens une fois le combat terminé. De la guerre ne subsiste ici que le drame.

ÉLISABETH VIGÉE-LEBRUN

(Paris, 1755 – Paris, 1842)

Portrait de Giuseppina Grassini dans le rôle de Zaïre

 

(vers 1805) Huile sur toile l Legs de l’artiste, 1842 - Inv. 1842.3

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Portraitiste favorite de la reine Marie-Antoinette, Élisabeth Vigée Lebrun travaille entre la fin du 18e et le début du 19e siècle pour les grandes cours européennes, où elle représente les plus grandes personnalités politiques et artistiques de son temps.
Elle réalise au cours de sa carrière six portraits de Giuseppina Grassini, célèbre cantatrice italienne dont la voix de contralto est connue de Londres à Milan.

Cette dernière pose ici dans le rôle de Zaïra, d’après l’opéra du même nom donné pour la première fois à Londres en 1805. Cette pièce musicale inspirée de l’œuvre dramatique de Voltaire se déroule dans un sérail (le palais d’un sultan), comme le suggère le costume oriental de mousseline et de broderie d’or porté par la cantatrice.

GUSTAVE CAILLEBOTTE

(Paris, 1848 – Gennevilliers, 1894)

Dans un café
 

(1880) l Huile sur toile l Dépôt de l’État 1946 - Inv. 946.1

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Gustave Caillebotte fait le portrait d’un homme, grandeur nature, les mains dans les poches. Ce dernier porte un chapeau melon vissé sur l’arrière de la tête et ses yeux dans le vague semblent fuir le spectateur. Cet homme est debout, appuyé sur une table, sur laquelle se trouvent quatre soucoupes et un verre à absinthe. En choisissant de le représenter dans ce lieu nouveau qu’est le café, Caillebotte se fait le peintre de la vie moderne. Mais l’artiste met également en scène un habile jeu de miroirs et de reflets pour nous montrer l’intérieur de ce café : l’homme tourne en effet le dos à un miroir qui reflète la salle devant lui où deux hommes sont attablés. Ils sont eux-mêmes devant un miroir qui laisse voir une tache lumineuse, une fenêtre, ouverte sur l’extérieur.

CLAUDE MONET

(Paris, 1840 – Giverny, 1926)

Portail de la cathédrale de Rouen, temps gris

 

(1892) Huile sur toile l Donation François Depeaux, 1909 - Inv. 909.1.32 - Restaurée en 2015 grâce au mécénat de la caisse régionale du Crédit Agricole Normandie Seine 2

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Claude Monet représente ici la façade ouest de la cathédrale de Rouen. Celle-ci est peinte par touches sur un fond rosé, dans des tonalités de bleu et de gris, que viennent seuls réchauffer l’orange du cadran situé au-dessus du portail central et le rose des maisons à gauche de la toile. Le vol esquissé des oiseaux en haut du tableau anime lui aussi l’ensemble. Pendant les hivers 1892 et 1893, Monet prend pour motif la cathédrale de Rouen, qu’il représentera plu- sieurs fois, selon le principe de la série. Chaque peinture est pour lui l’occasion d’observer et de restituer sur la toile les variations lumineuses et colorées de la pierre au fil des jours : en plein soleil ou au soleil couchant, dans le brouillard, le matin... Cette série comprenant 28 toiles est terminée en atelier en 1894.

EUGÈNE DELACROIX

(Charenton-Saint-Maurice, 1798 - Paris, 1863)

La justice de Trajan

 

(1840) Huile sur toile l Dépôt de l’État, 1844 - Inv. D. 844.1.1.

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Présenté au public parisien en 1840, ce tableau d’Eugène Delacroix est inspiré d’une légende antique, relatée dans la Divine comédie de Dante (un long poème italien paru au début du 14e siècle). Il raconte un épisode de la vie de l’empereur romain Trajan, souvent cité afin d’illustrer son sens de la justice et de la clémence. Alors qu’il part en campagne militaire, une jeune veuve se jette à ses pieds et lui réclame justice pour la mort de son fils. D’abord pressé de partir au combat, il lui demande d’attendre son retour, avant de céder à ses supplications et de remettre son départ pour rendre son jugement. Le tableau de Delacroix retient le moment le plus dramatique de l’histoire représentant la mère éplorée déposant devant l’empereur à cheval le corps sans vie de son enfant.

CLAUDE MONET

(Paris, 1840 – Giverny, 1926)

Rue Saint-Denis, fête du 30 juin (1878)

 

Huile sur toile l Donation François Depeaux, 1909 - Inv. 909.1.34.

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Ce tableau prend pour sujet la « fête de la paix et du travail » organisée par l’État français le 30 juin 1878 dans le cadre des festivités de la troisième Exposition universelle. L’enjeu est alors de consolider l’image de la IIIe République encore fragile. Prenant part à l’événement, l’artiste s’est placé sur un balcon afin de peindre cette scène de liesse populaire. Accaparé par l’agitation ambiante et par la juxtaposition de ces innombrables touches de couleurs disposées « en virgules » sur la toile, l’œil du spectateur ne perçoit pas tout de suite le jeu visuel auquel s’est adonné l’artiste. On déchiffre tout d’abord sur le blanc d’un drapeau flottant dans la partie droite de l’œuvre, l’inscription « Vive la Rép[ublique] » écrite en lettres dorées. Puis, lorsque le regard s’habitue à l’image, une ban- derole découvrant les mots « Vive la France » en lettres bleues apparaît à gauche, sur la façade éclairée des immeubles parisiens.

GEORGES-ANTOINE ROCHEGROSSE

(Versailles, 1859 – Paris, 1938)

Andromaque

 

(1883) Huile sur toile l Dépôt de l’État, 1884 - Inv. D. 884.1.

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Le peintre n’a que vingt-quatre ans lorsqu’il achève cette toile monumentale. Il trouve l’inspiration dans un épisode sanglant de la guerre de Troie: alors que la cité est attaquée et que ses habitants sont massacrés par les guerriers grecs, une poignée de soldats arrachent l’enfant Astyanax des bras de sa mère Andromaque (épouse du héros troyen Hector). La violence de la scène est accentuée par l’ombre menaçante d’Ulysse qui attend l’enfant au sommet des escaliers afin de le jeter du haut des remparts de la ville. L’artiste ne recule devant aucun détail pour retranscrire la cruauté et l’atrocité de la scène, des têtes coupées au pied de l’escalier jusqu’aux corps pendus le long de la muraille, en passant par la rampe de l’escalier imbibée de sang au premier plan du tableau. On ignore ici le sens de la svastika, symbole universel qui n’a aucun lien avec la croix gammée qui sera utilisée quarante ans après par les nazis.

RAYMOND DUCHAMP-VILLON

(Damville, 1876 – Cannes, 1918)

Le Cheval Majeur

 

(1914) Plâtre, épreuve d’atelier l Don de Madame Marcel Duchamp et Pierre Julien, 1985 Inv. S 985.3.1

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Le sculpteur Raymond Duchamp-Villon tra- vaille à partir de 1912 à la réalisation d’une sculpture équestre. Cette recherche, dont on peut voir différentes étapes dans la salle 1.26 du musée aboutit en 1914 au Cheval (Musée de Grenoble), modèle réduit de l’œuvre ici présentée. Après la mort de l’artiste en 1918, le projet fut relancé par ses frères et Marcel Duchamp créa en 1966 la version monumen- tale qu’il baptisa Cheval Majeur, jouant sur le mot « cheval-vapeur ». Duchamp-Villon choisit de représenter le cheval en combinant des formes géométriques en volume : sphères, cylindres et cônes. Il nous montre le cheval au galop, au faîte de sa puissance. Mais ce « cheval-vapeur » est aussi bien une locomotive, avec ses roues, ses bielles et ses essieux. En fusionnant l’animal et la machine, le sculpteur exprime avant tout l’idée de mouvement et de vitesse.